Une vilaine grippe - Mimi Bernard
Mimi Bernard

Jeune femme plutôt introvertie qui adore le plein air, les soupers entre amies. J’aime aussi les soirées tranquilles, collée sur mon amoureux pour regarder un bon film ou simplement pour lire. Je suis ce qu’on pourrait appeler une petite souris de bibliothèque. Je dévore les livres les uns après les autres. J’adore les histoires romantiques bien sûr, mais aussi les biographies. J’ai déjà très hâte de vous faire découvrir ma vie, mon univers!

Une vilaine grippe

Une vilaine grippe - Mimi Bernard

J’avais attrapé une grippe. La gorge me grattait, une forte fièvre me clouait à mon lit et je toussais. J’avais appelé mon travail pour expliquer mon état. La secrétaire de mon entreprise avait tout de suite compris en entendant ma voix. « Prenez quelques jours, et revenez-nous en bonne santé ! » J’avais suivi son conseil. Bien au chaud chez moi, je regardais des séries à la télévision en buvant une infusion de thym. Mes enfants étaient à l’école, mon mari était parti au travail.

La sonnette de la porte retentit. Vu mon état, je ne souhaitais pas sortir de mon lit. Elle ne s’arrêtait pas. J’enfilais ma robe de chambre, et je me traînais dans l’appartement, un mouchoir à la main. Dans le couloir de l’entrée, la tête que je vis dans le miroir me fit sursauter. Impossible d’ouvrir à qui que ce soit dans cet état ! Je regardais à travers le judas que nous avions installé sur la porte récemment. Mon mari l’avait acheté après en avoir vu la publicité sur Internet. Mon voisin de palier se tenait bien raide devant chez moi. Ce monsieur à l’âge vénérable m’avait toujours paru coincé. Habillé par tous les temps d’un complet assorti d’un nœud papillon rouge, il saluait peu les locataires de l’immeuble. Il partait toute la journée et ne revenait que quand le soir arrivait.

Il continuait à sonner avec insistance. « Bonjour, monsieur Rondeau, je ne suis pas visible. Que vous arrive-t-il ? » Je criais le plus fort que je pouvais, bien décidée à ne pas lui ouvrir. « J’ai perdu mes clés, est-ce que je peux passer par votre balcon, s’il vous plaît ? Ma fenêtre est ouverte de ce côté, et je pourrai rentrer chez moi. » Résignée, je tournais la clé, et j’entrebâillais la porte. Quand il vit ma tête, il me sourit et me remercia, puis il me dit : « Je comprends mieux, vous êtes malade. Je vais vous chercher ce qu’il vous faut pour que vous guérissiez. » Avec une souplesse inattendue, il enjamba la barrière de sécurité de ma terrasse, et rentra chez lui. Quelques instants plus tard, la sonnette de la porte se fit de nouveau entendre. Il m’apportait des remèdes avec lesquels sa grand-mère le soignait quand il était petit. Je suivis sa prescription, et me portais mieux dès le lendemain. Depuis, je suis toujours ses conseils et je me porte comme un charme.